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Projet Appui institutionnel au secteur de l’environnement au Sénégal

Cabinet du ministre
CADRE DU PROJET   Le Sénégal est aujourd’hui à la recherche d’un nouvel élan vers le développement durable : qu’ils soient fonctionnaires, paysans, éleveurs, pêcheurs, artisans, industriels ou membres d’ONG, les Sénégalais partagent le constat d’une dégradation accélérée des ressources naturelles résultant d’une pression démographique très forte et d’une paupérisation accrue d’une partie de la population.   Dans ce contexte, d’une part, des choix politiques ont été faits par le gouvernement pour mettre en place une gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement et, d’autre part, les agents économiques sensibilisés à ces questions sont de plus en plus nombreux, particulièrement parmi les industriels et les riverains des aires protégées. Aussi le gouvernement est-il disposé à donner à ces différentes catégories d’acteurs l’opportunité de tester de nouveaux outils (diagnostics, solutions technologiques, mécanismes de concertation) dans divers domaines, notamment :   la lutte contre la pollution et l’émission des gaz à effet de serre, à travers un appui à la Direction de l’Environnement et des Etablissements Classés (DEEC) ; la gestion de la biodiversité, avec des actions menées dans différentes aires protégées du pays sous couvert de la Direction des Parcs Nationaux (DPN). Au plan de la lutte contre la pollution et l’émission des gaz à effet de serre, les principaux problèmes à résoudre portent sur :   la qualification et les méthodes d’intervention des services administratifs concernés, l’absence de données fiables sur les établissements classés et leurs rejets, la cohabitation de ces établissements avec les populations riveraines, la non-intégration de la dimension environnementale dans les procédés de production et son impact sur la compétitivité des entreprises. En dépit des efforts fournis par le Sénégal (ratification de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, du Protocole de Kyoto, de la Convention de Vienne et du Protocole de Montréal, création d’un comité national changements climatiques), les progrès à effectuer sont de divers ordres :   au niveau des professionnels (industriels ou artisans), il s’agit de promouvoir le développement et le transfert de technologies de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de former et sensibiliser les professionnels du froid sur les substituts des chlorofluorocarbones ; au niveau de la recherche, il s’agit de renforcer les capacités de modélisation sur le réchauffement climatique et ses conséquences au niveau national ; au niveau du grand public et des consommateurs, il s’agit de sensibiliser et d’informer largement afin d’améliorer la compréhension des phénomènes. En matière de biodiversité, certaines des aires protégées (réserves ou parcs nationaux) gérées par la Direction des Parcs Nationaux apparaissent particulièrement menacées : c’est le cas du parc des Iles de la Madeleine, du parc de la Langue de Barbarie et de la Réserve Spéciale de Faune de Guembeul .   Le Parc National des Iles de la Madeleine (PNIM), qui couvre une surface de 50 ha, se situe au large de la ville de Dakar (à environ 3 km) et est constitué d’un ensemble d’écosystèmes insulaires et marins menacés par l’accroissement de la pression de la pêche. Dans la région de Saint-Louis, le parc national de la Langue de Barbarie (2000 ha) et la réserve spéciale de faune de Guembeul (720 ha) abritent, pour l’une, des sites de ponte de tortues de mer, une avifaune (oiseaux résidents et migrateurs) présente toute l’année avec des colonies de nidification de différentes espèces se succédant dans le temps et pour l’autre, un cheptel de gazelles et d’oryx, ainsi qu’une population reproductrice de tortues éléphantines, ce qui leur confère une importance majeure pour la conservation de la biodiversité, la recherche scientifique et la promotion du tourisme.   Au niveau de ces aires protégées, les problèmes à résoudre concernent en priorité :   la sauvegarde des écosystèmes et des éléments de la biodiversité qui les habitent, la prise en charge des attentes des populations contraintes d’utiliser des ressources naturelles pour des besoins quotidiens et incontournables, la préservation des connaissances et pratiques traditionnelles locales, l’émergence d’un schéma consensuel d’aménagement et de gestion des ressources, notamment pour ce qui concerne l’espace socio-écologique du Gandiolais, le développement d’initiatives économiques locales d’intérêt collectif, notamment au bénéfice des groupements de jeunes et de femmes, particulièrement exposés aux conséquences de la pauvreté. L’évolution principale attendue est le renforcement de la conservation de ces aires et de leur périphérie par la responsabilisation des populations locales et leur association réelle aux charges et bénéfices tirés d’une exploitation modérée et rationnelle de ces territoires.   OBJECTIFS DU PROJET   La finalité du projet est d’aider le Sénégal à respecter ses engagements internationaux pris dans le cadre des conventions internationales sur la biodiversité et sur les changements climatiques, en responsabilisant les acteurs de la société civile.   Le présent projet permettra ainsi au gouvernement de mieux asseoir la politique de développement durable qu’il a entreprise, notamment avec l’adoption de la loi 2001-01 du 15 janvier 2001 portant code de l’environnement, et de confirmer ses options de planification nationale (gestion participative et décentralisée, amélioration des conditions de vie, lutte contre la pauvreté et développement durable) en conciliant le développement économique et social du pays avec les principes stratégiques de la gestion environnementale (éducation et communication, renforcement des partenariats, harmonisation des stratégies intersectorielles).   L’objectif principal du projet consiste donc à renforcer les capacités d’analyse du Ministère de la Jeunesse, de l’Environnement et de l’Hygiène Publique, et les processus de concertation et de gestion participative existants permettant de lutter contre la perte de diversité biologique et le changement climatique et ses conséquences :   d’une part, en permettant à la Direction de l’Environnement d’être un interlocuteur crédible des populations, du secteur privé et de la communauté internationale, en vue de mener une action concertée contre les risques industriels, les pollutions et nuisances et les émissions de gaz à effet de serre ; d’autre part, en permettant à la Direction des Parcs Nationaux d’assurer la conservation de trois aires protégées grâce à l’implication effective et durable de leurs populations riveraines, en préservant la diversité biologique, en organisant le cadre institutionnel et en rationalisant la valorisation des ressources. DESCRIPTION DU PROJET   L’appui institutionnel apporté au ministère en charge de l’environnement prendra deux formes distinctes :    un appui à la Direction de l’Environnement et des Etablissements Classés comprenant :   une remise à niveau des services : aménagement et équipement de la salle de conférence de la Direction de l’Environnement, mise en place d’un réseau informatique reliant les services centraux aux régions, constitution d’une base de données sur les établissements classés, création d’un site web, réalisation de guides référentiels de l’évaluation d’impact environnemental, fourniture d’équipements pour l’inspection des établissements classés (véhicule, matériels de mesure et de prélèvement), formation des agents ; le renforcement de l’équipe en charge de la convention sur les changements climatiques : consolidation du point focal (formation des agents, constitution d’une base de données), réalisation d’études de vulnérabilité, participation à l’identification des besoins en transfert de technologies, mise à disposition d’expertise auprès de l’unité de projets “mécanisme de développement propre” ; la mise en œuvre d’un programme d’information et de sensibilisation visant et associant, entre autres, le secteur privé, en vue de mener une action concertée contre les risques industriels, les pollutions et nuisances, et les émissions de gaz à effet de serre ; le renforcement de la coopération sous-régionale en matière de changements climatiques : recensement et collecte des études et recherches entreprises dans la sous-région, identification des capacités d’expertise sous-régionales, organisation de réunions  un appui à la Direction des Parcs Nationaux lui permettant d’assurer :   une remise à niveau des services : réhabilitation et construction de locaux au niveau du Parc des Iles de la Madeleine et de la Langue de Barbarie, équipement et rénovation du matériel de surveillance (véhicules radios), formation du personnel ; la mise en place d’un cadre institutionnel approprié : appui au processus de réforme des textes réglementaires (expertise locale, groupes de travail), création de deux comités d’orientation (Iles de la Madeleine, Langue de Barbarie), élaboration des plans de gestion et formation des partenaires locaux ; la mise en place d’un cadre technique approprié : réalisation des études préalables (inventaires des ressources et de la biodiversité, méthodes d’exploitation, marchés, etc...), équipement et formation des groupements d’intérêt économique constitués par les populations riveraines, création d’un fonds de garantie ; la mise en œuvre de la gestion participative des aires et de leur périphérie : mise en place de nouvelles activités de gestion des ressources naturelles, initiation d’activités rémunératrices au bénéfice des groupements, pérennisation du système de contrôle de l’application de la gestion des ressources naturelles.  Des actions de communication accompagneront l’ensemble des activités du projet.   DUREE DE MISE EN OEUVRE   La durée de mise en oeuvre de ce projet est fixée à 36 mois à compter de la date de signature de la convention.   BAILLEUR DE FONDS   Gouvernement de la République française.   Ambassade de France - Consulat : http://www.cgfdakar.sn/ Ambassade de France - Mission économique : www.dree.org/senegal/ BUDGET   L’aide financière française est fixée à UN MILLION DEUX CENT DIX NEUF MILLE QUATRE CENT QUATRE VINGT DIX NEUF EUROS ET QUATRE VINGT DIX CENTIMES (1.219.499,90 euros).